Vacciner les chats et non les humains pour aider ces derniers

Un article paru sur www. romandie.com le 3 décembre 2013

Trois chercheurs de l’Hôpital universitaire de Zurich (USZ) ont mis au point un remède particulier contre l’allergie aux poils de chat. Ils se proposent de vacciner les félins, et non les humains, contre la protéine qui déclenche l’allergie chez les seconds. Les scientifiques ont fondé une entreprise pour commercialiser leur produit.

Une personne sur dix est allergique aux poils de chat, ou plus précisément à certaines protéines qui se trouvent dans leur peau ou leur salive, écrit lundi l’USZ. Jusqu’ici, les détenteurs d’animaux concernés n’avaient pas d’autre choix que de se faire désensibiliser via un processus long de plusieurs années, ou alors de se séparer de leurs petits compagnons.

Les allergologues et immunologues Gabriela Senti, Thomas Kündig et Martin Bachmann ont mis au point une méthode permettant d’immuniser les chats contre la protéine « Fel d 1 », responsable de l’allergie, qu’ils détiennent dans leur corps. Cette préparation réduit sa quantité, ce qui entraîne une diminution des symptômes chez l’humain, poursuit l’USZ.

Les chercheurs espèrent ainsi que les personnes allergiques ne devront plus prendre de médicaments et qu’ils pourront conserver leurs animaux. La protéine « Fel d 1 » ne semble pas jouer un rôle vital chez les chats. Ces derniers peuvent donc aisément s’en passer.

Afin de développer ce vaccin, les trois scientifiques ont fondé une société, qui a récemment remporté un Swiss Technology Award. L’utilisation clinique du produit pourrait intervenir dans environ trois ans, prévoit Gabriela Senti.

Le Swiss Technology Award a été lancé en 1987 par Branko Weiss et Nicolas Hayek. Ce prix récompense chaque année les sociétés et institutions les plus innovantes de chaque branche. Il est remis dans le cadre de la foire de l’innovation Swiss Innovation Forum.

source: http://www.romandie.com/news/n/Vacciner_les_chats_et_non_les_humains_pour_aider_ces_derniers57021220131640.asp

atchoum

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Allergies aux chats et aux chiens : un possible traitement à venir

Un article publié sur Futura Sciences, le 28 juillet 2013, sur les allergies aux chiens et aux chats: de nouvelles études pourraient permettre la création d’un traitement efficace d’ici 5 ans pour lutter contre les allergies aux chiens et chats…

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Article publié sur le site http://www.futura-sciences.com, par Janlou Chaput

« Comment l’allergène le plus commun du chat peut-il engendrer une réponse inflammatoire aussi forte ? Cette question, longtemps restée sans réponse, vient d’être éclaircie. Des molécules bactériennes seraient responsables…

Bien malgré eux, les chats sont à l’origine d’allergies pour leurs maîtres ou leurs invités. Maintenant que les mécanismes de cette réaction spécifique ont été élucidés, on peut croire en un traitement futur. 

Ils comptent parmi nos meilleurs amis mais parfois, on ne peut plus les « sentir »… parce qu’on a le nez bouché. Les allergies aux animaux de compagnie sont relativement courantes, et peuvent parfois se révéler assez gênantes. En cas de nez qui coule, de toux ou d’irritation, le seul traitement possible actuellement est la prise de médicaments antihistaminiques qui vont neutraliser la réponse de l’organisme à l’allergène.

Les allergies se caractérisent par une réaction excessive du système immunitaire à une moléculeexogène pourtant inoffensive. Chez le chat, c’est plus fréquemment une protéine nommée Fel d 1 qui est en cause. Cet allergène est difficile à éliminer, car présent partout (chaussures, locaux, objets etc.). Retrouvée dans les squames (peaux mortes), ou encore mélangée à un peu desalive provenant de la langue râpeuse du félin durant le toilettage, on ignorait comment cette protéine pouvait engendrer une réponse inflammatoire aussi intense.

Les mécanismes viennent enfin d’être élucidés par une équipe de chercheurs de l’université de Cambridge (Royaume-Uni), dirigée par Clare Bryant. Leur travail met en évidence l’implication de deux autres acteurs : de faibles doses d’endotoxines bactériennes communes et des récepteurs aux pathogènes. Grâce à cette découverte, ils espèrent développer un traitement spécifique contre ces allergies.

Allergènes de chat, toxines bactériennes, et plus si affinités

Pour ce travail, publié dans le Journal of Immunology, les auteurs ont mis des cellules humaines au contact de protéines retrouvées dans des squames de chiens et de chats, en présence ou en absence de faibles doses de molécules bactériennes appelées lipopolysaccharides (LPS). Ces substances, retrouvées dans les membranes d’un grand nombre de bactéries, sont qualifiées d’endotoxines : lors de la destruction d’un microbe, elles sont libérées et peuvent parfois entraîner une septicémie grave voire mortelle.

Les réactions allergiques engendrent tout un tas de symptômes, parmi lesquels le nez qui coule, la toux ou des irritations. Parfois, celles-ci peuvent être plus graves et mener à un œdème de Quincke, potentiellement mortel si non traité. © Mcfarlandmo, Wikimedia Commons, cc by 2.0

Les résultats révèlent qu’en présence de LPS et des allergènes, la réaction inflammatoire est exacerbée du fait d’une intensification des signaux envoyés au système immunitaire. Mais comment ? Les scientifiques ont montré que Fel d 1 se lie à ces LPS, connus pour avoir également une affinité pour des récepteurs cellulaires impliqués dans la reconnaissance des pathogènes : les Toll-like receptors 4 (TLR4).

C’est l’activation de ces récepteurs qui induit alors les réactions allergiques. Les TLR4 sont déjà incriminés dans les allergies aux acariens par exemple, bien que le mécanisme soit un peu différent puisque dans ce cas précis, les allergènes seuls suffisent pour déclencher la réponse immunitaire.

Un futur traitement contre les allergies aux animaux de compagnie

Il a également été remarqué que les mécanismes étaient assez semblables dans le cas de Can f 6, une protéine canine à l’origine d’allergies, également retrouvée dans les peaux mortes des chiens. Or, par l’ajout d’un médicament bloquant les TLR4, ce travail révèle qu’il est possible d’inhiber la réaction inflammatoire et donc tous les symptômes désagréables.

Selon Clare Bryant, ce genre de médicament a déjà été développé. Les chercheurs se fixent désormais pour objectif de les tester spécifiquement contre les allergies aux animaux de compagnie. Si tout se passe comme ils le souhaitent, la scientifique britannique espère proposer un traitement efficace d’ici cinq ans.

Lien de l’article ici